DAMPIERRE; questions pour la CLI du 4 novembre 2020 (reportée)

05/11/2020 17:17

QUESTIONS pour la plénière de la CLI de Dampierre

du 4 novembre 2020

 

Voici les questions que notre association « Sortir Du Nucléaire Berry-Giennois-Puisaye adresse à la CLI. Nous espérons vivement avoir réponse à l'ensemble de celles-ci à l'issue de la séance. Nous souhaitons que ces réponses (ou l'absence de celles-ci) soient inscrites dans le compte-rendu écrit de la réunion du 4/11/2020.

 

Points à l'ordre du jour :

 

  • Gestion de la crise Covid et radioprotection

-Quelles mesures mises en place pour la protection des travailleurs, statutaires et sous-traitants ?

-Dans quelle mesure le personnel du CNPE a-t-il été touché ? Si la centrale de Belleville a publié des informations sur les contaminations affectant les travailleurs, à notre connaissance, rien n'a filtré concernant Dampierre.

- Quel impact de la pandémie (interruptions, retards...) sur le fonctionnement de la centrale ? La maintenance ? Les arrêts de tranches etc ?

-Dans la lettre d'Inspection n° INSSN-OLS-2020-0901 du 2 septembre 2020 « Facteurs organisationnels et humain – radioprotection », publiée par l'ASN, on peut lire :

"Depuis plus de deux ans, l’ASN attire l’attention du CNPE de Dampierre sur ses faiblesses en termes de radioprotection (reconquête des locaux contaminés, nombre de contaminations détectées en sortie de zones contrôlées, disponibilité et rangement de matériels concourant à la radioprotection, cartographies radiologiques des locaux, surveillance des prestataires en charge d’actions de radioprotection...) sans identifier d’amélioration notable sur plusieurs de ces sujets alors même qu’un plan de rigueur a été mis en place."

et plus loin

"Plusieurs métiers ont confirmé que la phase de confinement et les semaines qui ont suivi ont donné un coup d’arrêt à la démarche, fragilisant ainsi la reconquête radiologique des chantiers.
Il s’avère également que le télétravail a pu fragiliser le respect des dispositions internes concernant la qualification et la formation des surveillants de terrain (D5140/MQ/NA/2RAQ.01, notamment son point relatif à la professionnalisation des chargés de surveillance)."

Notre association est particulièrement sensible aux risques que l'industrie nucléaire fait courir aux populations mais aussi à ses employés (qu'ils soient « EDF » ou sous-traitants), aussi nous demandons à EDF ce que l'exploitant compte faire pour remédier à ces problèmes.

 

  • Recherche d'eau d'ultime secours 

Des questions avaient été posées lors de la dernière réunion de CLI du 7 février 2020.

-Où en sont les travaux de forage (nous étions les seuls à avoir formulé un avis négatif en réponse à la sollicitation par l 'ASN de l'avis de la Cli) ? Un seul forage pour les 4 réacteurs ou bien un forage par réacteur ?

-A quelle fin des pompages dans la nappe de craie seraient-ils effectués ? Uniquement en cas d'accident nucléaire ou bien aussi en cas de pénurie d'eau dans la Loire dans les décennies à venir et de difficultésà faire face au refroidissement des installations ? En cas d'incendie ?

En effet, les perspectives de sécheresses et de canicules induites par le réchauffement climatique nous inquiètent. Si l'on pompe massivement dans une nappe qui constitue l'ultime réserve d'eau potable de notre région pour les besoins du nucléaire : quel effet sur les besoins en eau de la population de la région Centre/Val-de-Loire ?

-Même si un forage est réalisé, est-on sûr que le débit des pompes qui y puiseront sera suffisant pour faire face à un accident ?

 

  • VD4

L'exploitant serait-il en mesure de nous fournir le budget prévisionnel de l'ensemble des travaux préparatoires à la VD4 ?

 

Autres points :

 

  • rejets de tritium en Loire

1) Vous le savez certainement, notre association fait partie d'un réseau de préleveurs qui réalise en particulier des prélèvements trimestriels d'eau de Loire en amont et aval du CNPE de Dampierre et les fait analyser par le laboratoire de l'Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l'Ouest (ACRO). Le 5 octobre 2019, nous avons une mesure de 105 Bq/l à l'aval de Dampierre, normalement à l'aval de la zone de mélange. Les mesures EDF sont nombreuses aussi qui mettent en évidence plus de 100 Bq/l à l'hydrocollecteur d'Ouzouer sur Loire et/ou un ajout de plus de 80 Bq/l entre l'amont (Châtillon-sur-Loire) et l'aval (Ouzouer -sur-Loire).

Il nous semble que la longueur de la zone de mélange est déterminée par l'article 17 de l'arrêté du 25 janvier 2010 modifié relatif aux méthodes et critères d’évaluation de l’état écologique, de l’état chimique et du potentiel écologique des eaux de surface pris en application des articles R. 212-10, R. 212-11 et R. 212-18 du code de l’environnement (NOR: DEVO1001032A).

Si ce n'est pas le cas, quel est le texte applicable?
Nous souhaiterions avoir une réponse précise à cette question que notre collectif inter-régional a déjà posée ailleurs, en vain. Une réponse selon laquelle la décision n°2013-DC-0360 du 16 juillet 2013 y répondrait n'est pas une bonne réponse puisque la longueur de la zone de mélange n'y est justement pas indiquée expressément.

 

2)Où se situe très exactement le point de prélèvement (orifice) EDF, situé à Ouzouer sur loire? sur une rive? dans le milieu du fleuve?

 

3)Ce point de prélèvement est il le même que celui utilisé par l'IRSN?

 

4)Des dépassements de la norme de 100Bq/l se perpétuent parfois durant plusieurs jours d'affilée (par exemple du 19 au 23 avril 2019, du 21 au 25 juin 2019, du 21 au 26 août 2019, 4 au 6 oct 2019, 8 au 12 janv 2020 notamment).

Dans de tels cas, par qui les organismes chargés de la distribution des eaux de consommation ont ils été prévenus: EDF? IRSN? ASN? autres?

Quels sont les organismes en question potentiellement impactables par ces dépassements de norme?

 

5)L'ASN ou l'IRSN peuvent-ils nous communiquer d'éventuels rapports signifiant à EDF des dépassements et les enjoignant d'apporter des mesures correctives adéquates ?

 

6)Question à l'exploitant : quel(s) est (sont) le(s) service(s) en interne chargés d'alerter la hiérarchie de ces dépassements? Qui a la responsabilité, en interne, de prendre les décisions de mesures correctives exigées par le réglementation ?

 

7)Quelles sont les mesures correctives éventuellement apportées par le CNPE? Quel est le délai entre alerte et mise en œuvre effective de ces mesures?

 

8) Pourquoi n'avons-nous connaissance des dates de rejet (radiologiques et chimiques) qu'après-coup ? Qu'est-ce qui empêche d'être prévenus à l'avance ?

 

  • incidents depuis la dernière CLI 

Depuis la dernière réunion de Cli, à notre connaissance, 8 incidents se sont déroulés à Dampierre (7 de niveau 1, un de niveau 0) :

  • 15 octobre, déclaration d'un incident de niveau 1 par l'ASN. Anomalie générique : le contrôle de bon fonctionnement des grappes de commande n’a jamais été vérifiée sur les réacteurs des centrales nucléaires de Blayais, Chinon, Cruas, Dampierre, Gravelines, Saint-Laurent et Tricastin depuis 2006.

  • 9/10/2020 : Déclaration d’un événement significatif sûreté générique de niveau 1 (échelle INES), sur le risque de non tenue au séisme de certains matériels du circuit de refroidissement intermédiaire du palier CPY (dont Dampierre 3 et 4)

  • déclaré le 22 septembre 2020 par la direction du CNPE à l’ASN, concernant Dampierre 3, comme événement significatif sûreté de niveau 1 : EDF a découvert qu’un des groupes électrogènes n’aurait pas pu fonctionner bien longtemps s’il avait dû fournir de l’électricité en cas de coupure de courant. La situation était telle depuis au moins trois ans. À cause d’une fuite de liquide de refroidissement qui n’a jamais été détectée depuis 2017.

  • septembre : L’affaire a émergé en 2019, mais c’est fin septembre 2020 que la déclaration d’évènement significatif pour la sûreté de plusieurs sites nucléaires français sera portée à connaissance du public. En cause : les soudures mal faites sur plus d’une vingtaine de générateurs de vapeur, des composants essentiels des réacteurs nucléaires fabriqués par Framatome dans son usine de Saint-Marcel dont Dampierre 4. L’événement significatif générique de sûreté déclaré à l’ASN le 15 octobre 2019, a été indicé au niveau 1 de l’échelle INES le 25 septembre 2020.

  • 30/04/2020 : Evénement Significatif pour la Sûreté de niveau 1 : le 20 avril 2020, durant 2 heures, la radioactivité ambiante dans le bâtiment du réacteur 4 n’a plus été mesurée, alors même que le réacteur était arrêté pour changer une partie du combustible nucléaire.

  • 30/04/2020 : anomalie générique de niveau 0 : Dans 17 centrales nucléaires sur les 19 que compte la France, les tapis recouvrant le sol des vestiaires du personnel, pourtant situés en dehors des zones nucléaires, étaient radioactifs. On ne sait pas depuis combien de temps, ces tapis ne faisaient pas partie de la liste des équipements à vérifier au titre de la propreté radiologique.

  • 25/02/2020 : ESS de niveau 1 sur Dampierre 4 : Le 16 février 2020, lors de l’arrêt du réacteur 4, une vanne de déchargement de vapeur ne s’est pas ouverte. Erreur de position d’un robinet passée inaperçue, opération d’arrêt lancée sans avoir procédé à toutes les vérifications, conduite à tenir dans cette situation non respectée par EDF et prises de risques avec le confinement de la radioactivité et l’évacuation de la chaleur du réacteur.

  • 20/02/2020 : ESS générique de niveau 1 : 31 réacteurs (dont les 4 de Dampierre) ne sont pas conformes au code de conception : en cas de séisme, des armoires électriques et des châssis de relayage seraient venus s’entrechoquer, du fait de l’absence de liaisons entre eux. Ce qui aurait endommagé les équipements des systèmes de surveillance et de contrôle-commande des réacteurs nucléaires.

Qu'ont EDFet l'ASN à nous dire au sujet de ces incidents ???

 

  • Incidence du plan Mimosa sur la centrale de Dampierre 

Suite à l'épidémie de Covid 19, EDF a lancé un plan d'économies, appelé Mimosa. Nous avons lu dans le Point du 6 juillet dernier  : « Les économies «  devraient se situer entre 2 milliards et 3 milliards d'euros  ». Le groupe envisage des cessions d'actifs, un gel des embauches et des investissements et des réductions budgétaires ». En quoi ce plan concerne-t-il le CNPE de Dampierre ? Le site doit-il réaliser des économies ? De quel montant ? Comment ces économies se traduiraient-elles et quels impact pourraient-elles avoir sur la sûreté (plus de recours à la sous-traitance ? Raccourcissement des arrêts de tranche ? etc.)